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Extrait du livre "Si Chocques m'était conté"
L’organisation de l’abbaye suivant les coutumes Arrouaisiennes
L’abbé est le chef unique de la communauté, aussi bien dans le domaine spirituel que dans le domaine matériel. Après sa consécration par l’évêque, il bénéficie d’une très grande autorité.
Les « officiales », c’est à dire les chanoines qui occupent des fonctions fixes et responsables, sont nommés, remplacés, destitués par lui. Comme président du chapitre, il punit les fautes que les chanoines confessent. Malgré son autorité et sa puissance, il est tenu de respecter certaines règles : participation aux offices, réfectoire commun, dortoir commun. Il ne peut quitter le monastère sans en avertir au préalable le prieur, et en voyage, il doit toujours être accompagné d’un chanoine.
Le prieur, second personnage de l’abbaye, remplace l’abbé en cas de maladie ou d’absence de celui-ci.
Le chantre occupe des fonctions à la fois liturgiques et administratives. Il dirige l’office divin et consacre le reste de son temps à la tenue de la bibliothèque. Quant au prévôt, il contrôle la gestion financière et domaniale. D’autres personnes jouent un rôle important dans l’organisation de l’abbaye, comme le cellérier qui gère tout le ravitaillement comestible, le vêturier qui s’occupe de l’habillement, aidé des tisserands, des tanneurs, des cordonniers, etc…
Dès le décès de l’abbé, le chantre avertit les abbayes de l’ordre. Dans un même temps, il convoque l’abbé de la maison mère et deux abbés voisins pour l’élection du successeur.
Vers le début du 18ème siècle, après chaque décès d’un abbé, des commissaires du roi se déplaçaient pour réaliser un inventaire complet du monastère. Ces inventaires apportent une quantité de renseignements sur la composition du personnel et des biens à cette époque.
Dès le début du 12ème siècle, les femmes entrèrent dans les abbayes. Nous pouvons les classer en deux groupes ; les dames de chœur, qui se vouaient, comme les chanoines à l’office divin, et les femmes d’origine noble, les converses, qui se rendaient utiles pour les travaux ménagers. Leur nombre ne cessa de croître pendant tout ce siècle. Les premières mesures en vue de la limitation des entrées féminines furent prises en 1197. L’argument qu’on donna à l’époque pour justifier cette décision était d’ordre matériel, en effet, leur nombre devenant si élevé, cela entraînait un alourdissement des frais pour l’abbaye. Nous pouvons ajouter aussi que les dangers d’ordre moraux ont certainement joué un rôle dans cette prise de décision. A partir de 1258, la tendance va s’inverser, pour arriver à la fin du 13ème siècle à l’extirpation de la communauté féminine à Arrouaise. Seule l’abbaye de Chocques continua à accueillir des femmes en religion malgré leur abolition dans l’ordre, des documents datant de 1297, témoignent encore de leur présence.